BGB & Associés : de l’héritage à l’indépendance

Deux fortes personnalités formées auprès de mentors et une passion pour le métier d’avocat : il n’en fallait pas plus pour que Daphné Bès de Berc et Alexandre Gaudin fondent leur cabinet en contentieux et corporate qui réunit déjà huit avocats.
Les deux associés fondateurs Daphné Bès de Berc et Alexandre Gaudin entourés de leur équipe.

Deux fortes personnalités formées auprès de mentors et une passion pour le métier d’avocat : il n’en fallait pas plus pour que Daphné Bès de Berc et Alexandre Gaudin fondent leur cabinet en contentieux et corporate qui réunit déjà huit avocats.

La valeur d’un professionnel ne se résume pas à l’enseignement d’un mentor. Cela se vérifie en rencontrant Daphné Bès de Berc et Alexandre Gaudin qui, dès 2011, s’étaient associés pour fonder BGB & Associés. Tous deux ont cependant pour point commun d’avoir exercé auprès de grands avocats. À 48 ans, Daphné Bès de Berc a été formée, après son diplôme de fiscaliste, par le célèbre pénaliste Thierry Levy, récemment décédé. « Je voulais voir le vrai métier d’avocat », confie celle qui plaide dès le lendemain de sa prestation de serment contre le magazine Voici. Entrée en stage dans le cabinet du ténor, elle y restera finalement cinq ans avant de rejoindre Dominique Borde, fondateur de Moquet Borde devenu Paul Hastings en 2004. Elle travaille à ses côtés sur l’affaire de l’ARC, l’Association pour la recherche sur le cancer dont le président, Jacques Crozemarie, a été condamné en 2000 pour détournement de fonds. Elle remplit alors ses objectifs de traiter les dossiers de droit pénal financier, de structurer ses méthodes de travail et de s’ouvrir au droit de la responsabilité professionnelle. De son côté, Alexandre Gaudin est entré tout jeune avocat chez Gide. Il intègre l’équipe de Kiril Bougartchev, l’un des pères fondateurs du droit pénal des affaires dans les grands cabinets. Il le suit chez Linklaters et, à ses côtés, décortique notamment l’enquête sur les écoutes de l’Élysée. L’avocat de 37 ans retient de son enseignement « la nécessité de travailler chaque dossier dans sa granularité. Chaque preuve, chaque détail ou argument vaut la peine d’être exploité. »

 

« La bataille n’a d’intérêt que si elle résout le litige »

Ensemble, les deux associés ont construit un cabinet à leur image. Pour cela, ils ont mis à profit leur propre expérience d’entrepreneur puisque chacun d’eux a posé sa plaque après une collaboration dans des structures anglo-saxonnes. Daphné Bès de Berc confirme très vite la pertinence de ce choix en se plongeant dans le dossier de l’hormone de croissance. Croquée dans Le Monde lors de l’audience, elle lance : « M. Job va se défendre, même si, il le sait, cela vous est insupportable. » L’avocate, qui a donné naissance à son troisième enfant quelques jours avant le procès qui durera plus de quatre mois, se fait un nom et obtient la relaxe de son client. « Ce procès a révélé ce que j’avais au fond de moi, confie-t-elle. Mon métier, c’est la résolution des conflits. La bataille n’a d’intérêt que si elle résout le litige. » Un autre point sur lequel elle rejoint Alexandre Gaudin qui répète fréquemment aux sept collaborateurs du cabinet : « J’ai appris qu’à l’oral comme à l’écrit, il faut toujours se mettre à la place de la personne à laquelle on s’adresse et s’assurer que notre intervention sert effectivement l’objectif poursuivi. »

 

« Plus on en fait, plus on a du temps »

Tous deux ayant développé leur propre clientèle et leurs spécialités, leur association est avant tout motivée par le besoin d’exercer au sein d’une structure solide, d’échanger sur leur perception des dossiers et de construire ensemble la stratégie à mettre en place pour répondre à l’objectif déterminé par le client. « Nous sommes des spécialistes du contentieux de l’entreprise dans toute sa dimension », explique Daphné Bès de Berc, qui conserve un attachement pour le secteur de la santé avec, sur son bureau, un dossier sur l’un des plus importants scandales sanitaires.

 

Alexandre Gaudin est quant à lui attaché au droit pénal nucléaire et de l’environnement. L’avocat, qui s’est affranchi de son héritage pour se forger sa propre vision du métier d’avocat, s’est rapidement ouvert au droit des sociétés en travaillant sur des opérations corporate (fusions, acquisitions, cessions, LBO) et de restructuration. « Je crois en l’importance de la double casquette d’avocat plaidant et conseil », explique-t-il.

 

En cinq ans, BGB & Associés a confirmé sa solidité. Pour Alexandre Gaudin, le développement du cabinet « ne s’est pas fait par le marketing ou la communication mais par la fidélisation des clients ». Les deux associés y consacrent beaucoup d’énergie. « Plus on en fait, plus on a de temps », conclut Daphné Bès de Berc. Une manière de dire que l’expérience leur a appris à se débarrasser de tout ce qui est superflu pour ne rien sacrifier, ne rien faire à moitié. Un vrai modèle de carrière et d’épanouissement.

 

Pascale D’Amore