Catherine Pennec (Limagrain) : « Agriculteurs et scientifiques ont besoin les uns des autres »

Limagrain développe des semences et des produits céréaliers innovants pour produire plus et mieux. La coopérative figure parmi les plus grandes entreprises de la région Auvergne-Rhône-Alpes. Rencontre avec sa DRH.

Limagrain développe des semences et des produits céréaliers innovants pour produire plus et mieux. La coopérative figure parmi les plus grandes entreprises de la région Auvergne-Rhône-Alpes. Rencontre avec sa DRH.

Décideurs. Quelle est la particularité d’un groupe coopératif ?

 

Catherine Pennec. Limagrain se distingue des sociétés purement financières par le fait que c’est une société de personnes. La maison mère du Groupe est en effet une coopérative créée il y a plus de 50 ans et détenue par des agriculteurs établis en Auvergne. Contrairement au modèle classique d’une société anonyme, nous avons la chance de connaître les femmes et les hommes qui détiennent la coopérative. La spécificité de la coopérative : un homme = une voix, quels que soient la taille de son exploitation ou son volume de production. Autre particularité, notre gouvernance repose notamment sur un binôme : le président, agriculteur élu et le directeur général, salarié nommé par le conseil d’administration. Donc le lien entre agriculteur et salarié est fondamental pour la stabilité de notre organisation et la pérennité de nos activités.

 

Chez Limagrain, culture agricole et expertise scientifique se côtoient. Comment faites-vous pour intégrer ces profils si différents ?

 

Il s’agit de deux mondes qui se connaissent et travaillent ensemble. L’agriculture doit aujourd’hui se préparer à relever le défi de nourrir d’ici 2050 plus de 9 milliards d’humains. Agriculteurs et scientifiques ont donc un objectif commun : faire progresser l’agriculture. Chercher ensemble des solutions pour l’agriculture de demain donne du sens à notre travail.

 

En 2012, vous formalisez vos objectifs RSE, avec notamment un « Code de conduite ». Quels sont les progrès
réalisés depuis ?

 

Notre politique RSE comprend plusieurs volets, dont un intitulé « Éthique des affaires », avec notamment la mise en place d’un e-learning pour former tous les managers du Groupe au code de conduite et le suivi des actions par les Comex des différentes entités.

D’autres actions sont menées, notamment dans les domaines de la couverture santé au niveau mondial, du dialogue social et du développement des hommes et des femmes.
La RSE est un véritable levier de notre politique RH.

 

Vous nouez des partenariats avec des centres de recherche, des universités, en quoi consistent-ils ?

 

Notre réseau est très nourri. Nous entretenons des relations privilégiées avec l’INRA (Institut national de recherche agronomique), de même qu’avec des universités agricoles en Chine, aux États-Unis et en Israël. Je suis moi-même membre du conseil d’administration de l’Université d’Auvergne. Nous mettons à disposition des intervenants, participons à l’élaboration des programmes de formation et accueillons des stagiaires. Les écoles et universités nous aident à attirer les jeunes talents en nous octroyant de la visibilité au sein de leurs structures.

 

Limagrain est partenaire de plusieurs projets structurants au sein de la région Auvergne. Pouvez-vous nous en parler ?

 

Nous soutenons par exemple la création d’entreprises via notamment le Bivouac, une structure d’accompagnement de start-up du secteur numérique ou le dispositif AVI (Auvergne Vecteur d’Innovation) qui aide les PME/TPE et les créateurs d’entreprise. Nous sommes aussi impliqués dans le Laboratoire d’Innovation Territoriale (LIT), un laboratoire à ciel ouvert qui vise à mettre au point des approches innovantes, en associant, dès la phase de conception, l’agriculteur en tant que co-constructeur et en mobilisant l’ensemble des acteurs du territoire pour faire de Limagne Val d’Allier, une zone d’excellence agricole au cœur de la nouvelle région Auvergne Rhône Alpes.

 

Propos recueillis par Roxane Croisier