Du jamais vu !

EDITO. Choqués, agacés, révoltés, fatigués, désabusés… Jamais dans l’histoire de la Ve République, une campagne présidentielle n’aura plongé les Français dans un tel tsunami émotionnel. Jamais la droite républicaine n’aura été aussi partagée entre le cœur et la raison. La raison, parce que, les experts le reconnaissent, le programme économique de François Fillon est à la fois le plus cohérent et le plus abouti. Le cœur, parce qu’il est pour beaucoup inenvisageable de porter à la fonction suprême un homme incapable de respecter sa propre parole. Jamais, de son côté, la gauche modérée n’aura été si peu crédible, brandissant un programme approximatif dont même certains socialistes semblent, à quelques jours du scrutin, toujours douter du réalisme. Jamais l’extrême droite  ?  en tête des sondages depuis le début de l’année  ?   n’aura aussi bien cerné le besoin des Français : celui d’un discours politique simplifié, décomplexé et directement connecté à leur réalité. Jamais enfin, un ex-banquier, diplômé de l’ENA et passé par le ministère de l’Économie, n’aura autant insisté sur son positionnement « hors système », alors même que le projet qu’il porte  ?  visant à créer d’abord de la richesse pour la redistribuer ensuite  ?  aurait peut-être suffi à séduire toute une partie de l’électorat. Encore aurait-il fallu, pour cela, miser sur le fond plutôt que sur l’image. 

 

Révélations, querelles d’ego, ambitions personnelles auraient-elles eu raison des programmes ? Sans doute. Certains journaux avides d’exclusivités et de scandales ont effectivement rebattu les cartes de la campagne, mettant en lumière les « affaires » plus que les projets. Mais ni la presse ni les juges ni ses adversaires n’ont « enfoncé » le candidat de la droite. Le champion des Républicains s’est enfoncé lui-même, moins en raison des faits qui lui sont reprochés (dont seule la justice appréciera la légalité), que par son incapacité à comprendre le choc provoqué par son comportement. Ecœurés par le sentiment d’impunité de cette élite qui monopolise les plus hautes fonctions de l’État les électeurs pourraient plus que jamais cette année décider de bouder les urnes. Une fois élu, le prochain Président devra donc impérativement réconcilier les Français avec la classe politique. Condition sine qua non pour éviter un affaiblissement durable de notre démocratie.

 

Capucine Coquand

@CapucineCoquand

Vous avez apprécié cet article ? Likez Magazine Décideurs sur Facebook !

retrouvez l'intégralité du dossier Présidentielle 2017 : l'heure de vérité

Jamais dans l'histoire de la Ve République, une campagne présidentielle n'aura plongé les Français dans un tel tsunami émotionnel. Écœurés par le sentiment d'impunité de cette élite qui monopolise les plus hautes fonctions de l'État sans en assumer le devoir d'exemplarité, les électeurs pourraient, plus que jamais cette année, décider de bouder les urnes.
Sommaire Jean-Luc Mélenchon : l'indigné Benoît Hamon : l'idéaliste François Fillon : l'obstiné Emmanuel Macron : la révélation Marine Le Pen : l'insubmersible Martial Foucault (Cevipof) : « Aucun candidat n’offre une vision de la France à long terme »
Emmanuelle Seyboldt : La foi dans le débat

Emmanuelle Seyboldt : La foi dans le débat

INFLUENCEUR. Première femme élue à la tête de l’Église protestante unie de France en mai dernier, Emmanuelle Seyboldt plaide pour davantage de nuances...

Fusion Racing 92/Stade français: difficile de transformer l’essai

Fusion Racing 92/Stade français: difficile de transformer l’essai

L’annonce de la fusion entre les deux clubs franciliens avait fait l’effet d’une bombe. Il n’aura fallu que six jours pour que le projet soit reporté...

Clyde & Co s’installe à LA

Clyde & Co s’installe à LA

En ouvrant à Los Angeles, la firme internationale Clyde & Co bénéficie d’une neuvième implantation sur le sol américain.

Fin des tarifs réglementés du gaz

Fin des tarifs réglementés du gaz

La Commission nationale de l’énergie (CRE) l’avait laissé entendre en juin dernier : les tarifs réglementés du gaz en France ne sont pas en accord ave...

KKR : le private equity a son Game of Thrones

KKR : le private equity a son Game of Thrones

Pionnière de l’industrie mondiale du capital-investissement, la société de gestion new yorkaise entrevoit le départ des associés fondateurs au profit...

Crédit Suisse se renforce

Crédit Suisse se renforce

Après quatre ans passés à la direction de la Deutsche Bank en France, Bruno Hallak, cinquante ans, devrait rejoindre le Crédit Suisse à la rentrée.

Près de trois milliards d’euros d’amende pour le « cartel des camions »

Près de trois milliards d’euros d’amende pour le « cartel des camions »

Moins d’un mois après avoir infligé une amende inédite à Google, la Commission européenne établit un nouveau record en condamnant cinq fabricants de p...

Le chiffre du jour : 16 MD€

Le chiffre du jour : 16 MD€

C’est le montant que représente la lutte des banques françaises contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme chaque année. Un chiffr...

s'abonner

Nous ne commercialisons pas vos adresses mail à un tiers.
Nous conservons vos informations personnelles afin de vous adresser les contenus et services que vous avez demandé.
Vous pouvez vous désinscrire à tout moment, simplement et rapidement.

Ne plus afficher ce message