« Il faut désormais raisonner écosystème »

Par David Mercier, Hugues Petit, Philippe Laroche et Charlotte Quémard, Strammer

Par David Mercier, Hugues Petit, Philippe Laroche et Charlotte Quémard, Strammer

Pure player des life sciences, Strammer est présent dans toute l’Europe et développe une offre qui va bien au-delà de la simple prestation de recrutement : on-boarding, coaching, montée en puissance des managers, outplacement, pour ne citer que celles-ci. Cet acteur incontournable du secteur revient sur les transformations du marché et les évolutions qu’elles impliquent dans la valorisation du capital humain.

 

Décideurs. Quels sont les grands enjeux du recrutement dans le secteur des life sciences ?

Le secteur des life sciences est en train d’évoluer très fortement du fait du développement d’un phénomène général de concentration : les grands groupes se rapprochent, d’autres font des acquisitions de produits innovants ou se développent dans des marchés niches. De plus, l’environnement des hôpitaux et des cliniques rencontre des évolutions majeures et l’arrivée de nouveaux entrants issus des nouvelles technologies impacte fortement l’écosystème de la santé. Les entreprises doivent montrer davantage d’agilité, et recruter des leaders qui seront en mesure d’accompagner efficacement ces changements et même de les favoriser. Dans ce contexte, le recruteur est face à un double enjeu : il doit tout d’abord anticiper et maîtriser parfaitement les évolutions de son secteur, en comprendre les mécanismes et s’adapter à l’environnement de ses clients et in fine du parcours patients. En même temps, il doit être en mesure de proposer des profils. Pour faire face à ces transformations, il faut proscrire les recrutements « me too » et désormais rechercher des candidats susceptibles d’apporter des compétences nouvelles aux entreprises, issues d’autres environnements, tels que l’agroalimentaire, la grande distribution ou l’industrie automobile par exemple.

Effectivement, les acteurs du secteur doivent avoir une vision transversale et prendre en compte le changement de paradigme. Il faut désormais raisonner « écosystème ». Cela implique, en plus d’être capables de trouver des savoir-faire qui n’existent pas dans notre secteur, d’amener les acteurs à privilégier une approche beaucoup plus liée au leadership qu’à la technicité.

 

Décideurs. Comment s’adapter à la transformation du secteur des life sciences ?

Nous avons réfléchi à notre rôle et nous avons fait évoluer notre offre pour répondre avec agilité aux nouveaux enjeux et à l’exigence de mouvement permanent du secteur. Notre stratégie met l’individu au centre de notre approche. Nous construisons une dynamique de transformation autour de l’individu pour aider nos clients à valoriser leur capital humain, ce que nous avons décliné dans notre stratégie sous le terme de « Value-Based Human Capital® ».

La nécessité d’évoluer est au cœur de l’offre que nous avons développée : la Full Talent Solution®, la première offre intégrée de solutions Business HR dédiée aux life sciences. Elle a été conçue pour répondre aux besoins de nos clients dans un contexte de forte compétitivité et de transformation. Nous leur proposons chaque  expertise dont ils ont besoin pour impacter leurs organisations. Cette offre regroupe nos activités de talent acquisition, talent management et d’outplacement qui fonctionnent en parfaite synergie. Ainsi nous accompagnons nos clients dans la mise en adéquation d’une « Stratégie Talent Management », qu’ils n’ont pas toujours, avec leur plan stratégique à cinq ans. Par ailleurs, l’arrivée dans notre équipe d’Hugues Petit et de Philippe Laroche nous permet de consolider la Full Talent Solution® et de l’implémenter dans toute l’Europe. Hugues Petit apporte son expertise en top management afin de faire travailler de concert les experts du top, du middle et du talent management. Philippe Laroche a intégré Strammer pour faire partager son expérience opérationnelle du management de larges équipes internationales et sa parfaite connaissance des carrières dans l’industrie des life sciences.

Une autre façon de nous adapter à cet environnement changeant est d’être nous-mêmes capables d’évoluer rapidement. Nous créons des offres sur-mesure, nos propositions sont ajustables au cas par cas et le cadre de notre accompagnement est toujours évolutif.

« Les acteurs du secteur sont amenés à développer une approche plus liée au leadership qu’à la technicité »

Décideurs. Vous avez décidé d’intégrer des prestations d’outplacement, comment cette offre s’articule-t-elle avec vos autres activités ?

L’outplacement est la suite logique du développement de notre offre. Il faut savoir que grâce à l’outplacement, près de 80 % des candidats retrouvent un emploi en moins d’un an. Les personnes que nous accompagnons sont suivies par des coaches et des consultants en recrutement qui partagent leur avis d’experts sur le marché. Cette méthodologie est unique sur le marché  et déployée en trois étapes : faire le deuil de ses précédentes expériences, reprendre confiance, construire un projet professionnel et le valider. Mais nous allons au-delà : nous mettons en place un plan marketing et nous développons une véritable stratégie de recherche active. Enfin, nous mobilisons autant le réseau de la personne que le nôtre pour qu’elle retrouve un poste au plus vite. Nous sommes capables aujourd’hui de le déployer dans toute l’Europe.

 

Décideurs. Réseaux sociaux, digitalisation, quels impacts sur le métier de la chasse de têtes ?

L’arrivée des réseaux sociaux a certainement conduit la profession à réfléchir à son rôle, et a fait évoluer notre métier. En réalité cela tire le métier de la chasse de têtes vers le haut. Il faut apporter plus de valeur ajoutée, développer une approche stratégique, travailler le plus en amont possible sur la gestion prévisionnelle de l’emploi et des compétences.