Alban Auffray (Mars Chocolat France) : "L’approche long terme est très importante pour les jeunes"

Dans l’univers des RH, la planète Mars s’est fait un nom. Elle est arrivée en deuxième place des entreprises où il fait bon travailler en France pour la troisième année consécutive et s’est vue décerner le titre de Best Place to Work Europe 2016. Pourtant, pas de poudre aux yeux dans les propos d’Alban Auffray… Rencontre.

Dans l’univers des RH, la planète Mars s’est fait un nom. Elle est arrivée en deuxième place des entreprises où il fait bon travailler en France pour la troisième année consécutive et s’est vue décerner le titre de Best Place to Work Europe 2016. Pourtant, pas de poudre aux yeux dans les propos d’Alban Auffray… Rencontre.

Décideurs. D’où vient la sensibilité de votre entreprise au sujet du bien-être au travail ?

Alban Auffray. Je pense que cela vient avant tout de la culture familiale du groupe. L’entreprise est dirigée par la famille Mars depuis quatre générations. Cette famille a impulsé une culture d’entreprise très ouverte. À titre d’exemple, les bureaux sont en open space depuis toujours, bien avant que ce mode d’organisation ne devienne la norme. L’équipe de direction est elle aussi installée dans cet open space, comme tout le monde.

 

C’est important d’être un groupe non coté en Bourse ?

C’est essentiel en fait. Nous sommes tournés vers la pérennisation. C’est très différenciant si l’on se compare avec d’autres groupes, qui ont souvent une vision très court-termiste. Et contrairement à ce qu’on pourrait penser, les jeunes générations y sont très sensibles.

 

Effectivement, cela peut surprendre. Pourriez-vous nous en dire plus ?

On a pour habitude de dire que les jeunes, les « générations Y », papillonnent. Ce n’est pas ce que j’expérimente. En réalité, l’approche long terme est très importante pour eux, dans la mesure où elle permet de donner du sens. C’est ce que nous ont enseigné les résultats de l’enquête de l’institut Great Place to Work®. Lorsqu’on leur demande pour quelles raisons ils se sentent bien chez Mars, ils répondent : « Je peux être moi-même » et « Je peux apporter ma contribution personnelle ». En revanche, il faut leur donner la possibilité d’évoluer. Nous le pouvons car le groupe est composé de nombreux métiers différents. Et nous travaillons en particulier sur le développement personnel des managers, qui sont suivis par un coach. Nous avons des programmes d’accompagnement qui s’appliquent à tous les managers, même les présidents des filiales !

Tous nos managers ont un coach… même les présidents de filiales

Pourriez-vous nous parler de la politique de formation et de la Mars Sales Academy ?

Le budget consacré à la formation est trois fois plus important que l’obligation légale. Nous avons une université d’entreprise, la Mars University. S’agissant du métier des ventes en particulier, nous venons de créer une véritable école des ventes. Le projet concerne plus de mille vendeurs. L’idée est de bénéficier de toutes nos expertises et de créer une homogénéité dans nos pratiques tout en développant un réseau entre nos vendeurs.

Comment votre groupe conçoit-il son ancrage territorial ?

Par essence, le groupe Mars est très ancré dans les territoires. Quelle que soit la localisation de la filiale, les bureaux sont très souvent à côté du site de production. Cela permet de favoriser la proximité entre les collaborateurs travaillant dans les sites de production et dans les bureaux.

 

Comment participer au dynamisme de la région ?

C’est un ensemble. Nous avons noué des partenariats avec des lycées professionnels, et avons d’ailleurs reçu un premier prix de l’apprentissage, Happy Trainee. Ce sont aussi des actions en faveur du développement durable, comme sur notre site d’Haguenau où nous avons mis en place un système d’alimentation dénommé « Vapeur Verte » en collaboration avec une usine de retraitement local. Et au-delà, nous avons bien conscience que nous sommes 1 200 associés pour l’entité chocolat du Groupe Mars Inc en France, mais que ce sont en réalité 3 000 à 4 000 personnes qui dépendent de l’entreprise de manière indirecte. Nous avons ainsi une belle histoire avec une entreprise alsacienne, FM Logistic. Cette entreprise s’est développée un peu partout en Europe au gré des besoins et demandes de Mars.

 

Propos recueillis par Marie-Hélène Brissot

 

 

Vous avez apprécié cet article ? Likez Magazine Décideurs sur Facebook !