La France sert de pilote à Rocket Lawyer

Fondé à San Francisco il y a plus de dix ans, le pionnier américain des legaltech débarque sur le marché français des prestations juridiques en ligne. Rocket Lawyer ambitionne de devenir la première plate-forme européenne d’accès au droit.
https://www.rocketlawyer.com/fr/fr

Fondé à San Francisco il y a plus de dix ans, le pionnier américain des legaltech débarque sur le marché français des prestations juridiques en ligne. Rocket Lawyer ambitionne de devenir la première plate-forme européenne d’accès au droit.

« Si vous n’avez pas les moyens d’avoir un avocat, vous n’êtes pas dans une démocratie ». C’est en ces termes que le fondateur et CEO de Rocket Lawyer, Charley Moore, introduit le lancement de sa plate-forme en France. La tendance étant au développement des produits consommateurs amusants, efficaces et simples d’utilisation (Slack, Tinder, Linkedin, Snapchat, etc.), le monde juridique s’en est inspiré. Rocket Lawyer a été créé dans le but de démocratiser et dédramatiser l’accès au droit et aux avocats. Création de documents en ligne, immatriculation d’entreprises ou encore accès aux conseils d’avocats hautement qualifiés : plus de cent démarches sont disponibles en ligne pour un prix fixé à 19,90 euros par document téléchargé et un abonnement mensuel à 39,90 euros.

 

Étude de marché

Pour valider son positionnement et son arrivé sur le marché français, la start-up américaine a guidé une étude relative à l’accès au droit[1]. Bien sûr, les données analysées confirment la pertinence de  son implantation en France. En effet, il en ressort que face à un problème juridique, 58 % des particuliers et 62 % des TPE n’ont jamais eu recours à un avocat et ont pour réflexe premier de se tourner vers des sites internet souvent pas très fiables : 33 % ont déjà consulté Doctissimo, 20 % ont consulté Radin.com et 17 % sont allés sur Facebook.

 

La justification apportée à ces démarches a trois origines :

 

  • ils pensent qu’ils n’en ont pas besoin (44 % des particuliers et 59 % des TPE),
  • ils ne connaissent pas le coût d’un avocat (24 % des particuliers et 39 % des TPE),
  • ils pensent que consulter un avocat est une procédure longue et coûteuse (33 % des particuliers et 18 % des TPE).

 

Ainsi, il apparaît que les particuliers et les TPE sont intéressés par une plate-forme qui démocratise l’accès au droit et aux avocats. En effet, 74 % des particuliers qui ont déjà rencontré un problème juridique se disent très intéressés par un service en ligne.

 

« Un accès au droit pour ceux qui en sont éloignés »

Aux États-Unis, Rocket Lawyer est en croissance depuis sa création. Le site a atteint les soixante-dix mille utilisateurs par jour en seulement trois ans, atteignant ainsi à un chiffre d’affaires de vingt millions de dollars en 2016. La legaltech a fait son entrée en France grâce à une joint-venture avec l’éditeur juridique ELS (Éditions Lefebvre Sarrut). En bénéficiant de la base de données du groupe français ainsi que de sa connaissance des systèmes juridiques européens, Rocket Lawyer s’assure une adaptation au marché local du droit.

 

Le site web propose aux particuliers, aux entreprises et aux associations la création de documents juridiques en ligne et la possibilité d’être assisté par un avocat. « L’idée est de fournir un accès au droit à ceux qui en sont éloignés, dans un langage compréhensible et à des coûts accessibles, explique Christophe Chevalley, directeur général Europe de Rocket Lawyer. Ce service permet non seulement une personnalisation de la démarche en ligne avec une plate-forme et une expérience utilisateur incomparables, mais propose aussi la mise en contact avec un avocat.» Il est par exemple possible de créer en ligne ses statuts d’association en une dizaine de minutes en répondant à des questions formulées simplement. Lorsqu’il y a des points de droit délicats soulevés par les réponses fournies, l’utilisateur est alerté qu’il est préférable de faire appel à un avocat. Et la plate-forme lui en propose toute une liste. Le contact est rapide, le besoin d’expertise juridique peut être satisfait immédiatement.

 

Des avocats partenaires

Poursuivant son discours, Christophe Chevalley indique que les avocats sont associés à chaque étape de la demande de l’utilisateur : « Rocket Lawyer offre ainsi aux avocats de nouvelles opportunités d’élargir leur clientèle. Nous ne prenons aucun frais aux avocats, ces derniers étant de véritables partenaires de la plate-forme », insiste-t-il. Les professionnels du droit inscrits sur le site de Rocket Lawyer France sont libres de déterminer leurs honoraires. En revanche, ils doivent être sélectionnés selon un certain nombre de critères. « La clé d’entrée sur la plate-forme est la conjonction d’objectifs, déclare Christophe Chevalley. Avant de confirmer leur participation au service, nous avons des entretiens répétés avec eux et nous nous assurons qu’ils ont une expérience réelle dans les domaines de compétence qu’ils déclarent sur le site.» Pour mieux appréhender le marché, la start-up a d’ailleurs noué un partenariat avec les réseaux nationaux Jurisdéfi et Eurojuris.  

Plusieurs milliers d'avocats de toutes nationalités travaillent déjà sur la plate-forme, dont cent-dix au Royaume Unis, où Rocket Lawyer s'est implanté il y a quatre ans. La firme américaine ne néglige aucune zone géographique dans sa course à la globalisation. La France est le premier marché non anglophone et sert de pilote en Europe. L’Espagne et les Pays-Bas suivront bientôt. La structure viserait une couverture de 80 % de l’Union européenne dans les deux années à venir.

 

Nour Bensalah

 

[1] Réalisée par Kantar TNS avant le lancement de Rocket Lawyer et ciblant des particuliers, des entrepreneurs individuels et des TPE (de un à vingt employés)