Labels et certifications : un foisonnement pas toujours très clair

L'année 2016 a été chargée sur le front des certifications environnementales, avec des labels toujours plus nombreux et variés. Difficile d'y voir clair, même si certains acteurs essayent de regrouper ces initiatives au sein d'une démarche commune.

L'année 2016 a été chargée sur le front des certifications environnementales, avec des labels toujours plus nombreux et variés. Difficile d'y voir clair, même si certains acteurs essayent de regrouper ces initiatives au sein d'une démarche commune.

Haute qualité environnementale ou bas carbone ? Basse consommation ou énergie positive ? Label ou certification ? Français ou anglo-saxon ? La généralisation des bâtiments dits « verts » s'est accompagnée de pléthore de méthodes et d'étiquettes visant à mettre en avant leur performance environnementale. Résultat, il devient de plus en plus difficile de s'y retrouver, à l'heure où le catalogue de critères de performance des bâtiments semble se rallonger sans fin.

Dans cette profusion, une tendance s'est clairement dégagée en 2016 : le bas carbone. Après les premières labellisations BBCA (bâtiment bas carbone) intervenues à l'été 2016, aussi bien en tertiaire qu'en logement, le tandem ministère du Logement - ministère de l'Environnement a également lancé son propre label « Bâtiments à énergie positive & réduction carbone », en abrégé « E+C- ».  S'appuyant sur les labels existants BBCA et Bepos de Effinergie, le dernier-né comporte deux critères, énergie et carbone, et « permettra au maître d’ouvrage de choisir la combinaison adéquate en fonction des spécificités du territoire, des typologies de bâtiments, et des coûts induits ». E+C- lance ainsi l'expérimentation pour la construction de bâtiments exemplaires et s'inscrit de fait en anticipation de la future réglementation de construction prévue pour 2018, qui doit comporter des exigences sur les émissions de gaz à effet de serre des bâtiments.

 

Regrouper pour mieux certifier

Un de plus donc. Un nouveau label sur lequel architectes, maîtres d'ouvrage et maîtres d'œuvre vont dépenser temps et argent, sans pour autant profiter à l'utilisateur. On peut légitimement mettre en doute l'utilité de ce foisonnement de certifications : pourquoi ne pas tout regrouper au sein d'une démarche unique ? C'est précisément le raisonnement qui semble avoir germé au sein de l'association HQE, qui a récemment fusionné avec France GBC. À l'automne 2016, Certivéa, filiale du Centre scientifique et technique du bâtiment (CSTB), a lancé son nouveau référentiel HQE tertiaire « Bâtiment durable » : au catalogue, quatre « engagements » déclinés en douze objectifs. Une certification globale multicritères permettant, selon Patrick Nossent, président de Certivéa, de « voir le bâtiment comme un tout, et non morceau par morceau », les labels plus restrictifs permettant alors « d'approfondir ou ne traiter qu'un seul thème, en cohérence avec l'approche globale ». En somme, faire rimer globalité avec précision et spécification. Le défi est de taille, d'autant que le tertiaire neuf doit jouer son rôle de locomotive pour entraîner dans son sillage les autres typologies d'actifs ainsi que la rénovation de l'existant…à la louche 99 % du parc bâtimentaire français !

Son deuxième test, HQE Bâtiment durable le passera hors de nos frontières, là où la mouture précédente a eu la plus grande des peines à exister face à ses homologues anglo-saxons LEED et BREEAM. À ce sujet, Patrick Nossent se montre optimiste, HQE étant déjà présent dans vingt-trois pays, avec notamment une arrivée récente en Chine, grâce à un « positionnement qualitatif » assumé, permis par la variété de labels et de thématiques initiées par la filière. Labels français, la belle émulation ?

 

Boris Beltran