Angelos Souriadakis (Ylios) : « Le métier de conseil de direction devra intégrer le digital et les start-up »

Lancé il y a près de 30 ans pour accompagner les groupes dans leur transformation post-dérégulation, le cabinet de conseil propose aujourd’hui des compétences transversales fonctionnelles. Pour accompagner sa clientèle, notamment dans sa transition digitale, Ylios mise sur des partenaires de choix.
Angelos Souriadakis

Lancé il y a près de 30 ans pour accompagner les groupes dans leur transformation post-dérégulation, le cabinet de conseil propose aujourd’hui des compétences transversales fonctionnelles. Pour accompagner sa clientèle, notamment dans sa transition digitale, Ylios mise sur des partenaires de choix.

Vous prônez un accompagnement effectif du client à chaque étape de sa réorganisation. Comment cela se concrétise-t-il ?

 

Angelos Souriadakis. En qualité de conseil de direction générale, nous prenons part à la définition et l’élaboration d’une stratégie et d’un business model à moyen ou long terme. Mais, au-delà de ces missions assez classiques, encore faut-il concevoir les modifications organisationnelles qui en découlent. À cet égard, Ylios dispose d’un vrai savoir-faire pour accompagner les dirigeants dans la transformation de leurs modèles managérial et culturel. C’est la combinaison de nos compétences de hard (concevoir une stratégie) et de soft (adapter leur modèle en conséquence) qui séduit nos clients.

 

C’est justement pour assurer cette mission de soft que vous avez développé des compétences transversales ?

 

Exactement. Et pour ce faire, nous intervenons de trois façons différentes. Nous aidons les dirigeants à présenter et expliciter le projet élaboré auprès des cadres de l’entreprise. De plus, un changement de cap stratégique s’accompagne généralement d’une refonte de la gouvernance. Cette dimension, souvent critique, nécessite de définir une organisation nouvelle, innovante. Dans les faits, il peut par exemple s’agir d’identifier de nouveaux dirigeants, d’instaurer des chaînes hiérarchiques plates et collaboratives ou de mettre en œuvre des méthodes de management agiles. Enfin, certains cas nécessitent de porter le projet de transformation à l’extérieur. Pour gagner la bataille des idées et convaincre l’ensemble des parties-prenantes que nous avons fait le meilleur choix, un vrai travail de lobbying nous incombe, que ce soit auprès des instances traditionnelles (syndicats, actionnaires…) que des institutionnels (ministères, parlementaires, institutions européennes).

 

Comment réussissez-vous à accompagner de grands comptes dans leurs projets de réorganisation à l’échelle mondiale ?

 

Nous sommes un cabinet de taille moyenne, nous tirons notre légitimité non pas de campagnes de communication mais du succès de nos missions et de nos compétences techniques et sectorielles. Pour parvenir à couvrir tous les champs, comme le font les cabinets globaux, nous nous appuyons sur un écosystème de compétences variées. Nous avons conclu des partenariats avec d’autres cabinets de conseil comme Frontier Economics, dont l’équipe française est co-localisée avec nous à Paris, ou Capgemini. L’objectif est d’associer nos forces en combinant nos expertises. Nous travaillons également avec des avocats spécialistes du droit de la concurrence ou des spécialistes sectoriels.

« S’ouvrir de manière systématique à un cercle où l’innovation est génétique pour gagner les batailles de demain »

Quelle grande tendance de fond relevez-vous dans le domaine du conseil d’entreprise ?

 

Depuis quelques années, la recherche et l’innovation sur le digital a largement été externalisée. Si la recherche fondamentale est confiée aux grands organismes publics (Inria, laboratoires numériques du CNRS et du CEA), l’innovation de rupture surgit davantage dans les start-up. Aux grands comptes de s’y adapter. Et nous sommes présents pour les accompagner dans ce changement de paradigme.

 

Concrètement, comment faciliter le rapprochement entre vos clients et les start-up spécialisées dans l’innovation ?

 

Quand on ne sait pas d’où va venir l’ennemi, la meilleure solution consiste à s’ouvrir de manière systématique à un cercle où l’innovation est génétique. De plus en plus d’entreprises investissent dans des fonds de private equity spécialistes des start-up non pas pour en tirer un gain mais pour demeurer au plus proche des avancées de la recherche. Ylios s’inscrit pleinement dans ce mouvement. Nous avons par exemple conseillé Ashoka, incubateur mondial de start-up, dans l’élaboration de partenariats avec une quinzaine de groupes. L’objectif ? Faire émerger un écosystème d’entrepreneurs sociaux dans chacun des secteurs d’activité représentés.