Marine Le Pen recherche le soutien des chefs d’entreprise

La candidate du Front national a confirmé aux chefs d’entreprise sa volonté de soutenir les PME et TPE à l'occasion d'un petit-déjeuner débat organisé par l’organisation patronale Ethic mardi 7 mars.

La candidate du Front national a confirmé aux chefs d’entreprise sa volonté de soutenir les PME et TPE à l'occasion d'un petit-déjeuner débat organisé par l’organisation patronale Ethic mardi 7 mars.

« Je suis aux côtés des entreprises, et tout à fait consciente de leur importance pour le pays », lance Marine Le Pen face à un parterre de chefs d’entreprise pas tout à fait convaincus par son projet économique. Son objectif est pourtant clair : se tourner entièrement vers les PME et les TPE. « Ils sont les murs porteurs de la France, déclare-t-elle. Les grands groupes, eux, n’ont pas besoin de mon aide. »

 

Allégement des charges

 

Comment, une fois élue, Marine Le Pen soutiendra-t-elle les entreprises ? En abaissant les charges sociales de façon « significative ». « Cet allégement sera conditionné au maintien de l’emploi », peut-on lire sur son site de campagne. La candidate assure également pouvoir modifier les rapports entre l’entreprise et l’administration. L’objectif : en finir avec la bureaucratie. « À partir du moment où l’on impulsera l’idée que l’administration est là pour aider les entreprises, on changera les choses », juge la candidate qui prévoit notamment la suppression du compte pénibilité. Pas question néanmoins d’imaginer, à l’instar d’Emmanuel Macron, une assurance-chômage pour les entrepreneurs. « Ils sont libres, ce sont des artistes, estime-t-elle. Ils ne créent pas une entreprise pour toucher des subventions. Ce dont ils ont besoin en réalité, c’est d’un environnement économique favorable. »

 

Sortie de l’euro

 

Interrogée par ailleurs sur sa volonté de sortir de l’Union européenne, l’eurodéputée campe sur ses positions, rappelant son hostilité au « modèle ultra-libéral du libre-échange ». « La mondialisation sauvage est aujourd’hui une machine à détruire le cœur de l’économie des nations : l’industrie », estime-t-elle. Persuadée que l’euro « ne tiendra pas », la candidate du Front national fustige la « monnaie des banquiers et de ceux qui font de l’économie virtuelle ». Devant un public opposé à la sortie de l’euro, elle appelle à la réflexion et tente de tenir un discours rassurant : « La seule chose qui tranquillisera les créanciers de la France, c’est une économie à nouveau créatrice de richesse. »

 

Bloc de certitudes

 

Si les membres d’Ethic écoutent d’une oreille attentive les propositions de la candidate, ils n’en restent pas moins dubitatifs. « Vous n’écoutez pas suffisamment le terrain », lui reproche d’ailleurs en conclusion Sophie de Menthon, la présidente de l’organisation patronale, demandant à la présidente du Front national – comme aux autres candidats – de faire davantage confiance aux chefs d’entreprise. « De façon tout à fait objective, certaines propositions de Marine Le Pen sont excellentes, confirme Sophie de Menthon à la suite de l’événement. Mais dans son analyse économique, elle mélange beaucoup de choses. Elle n’est pas à l’écoute, c’est un bloc de certitudes. » Quoi qu’il en soit, son projet séduit de plus en plus de Français. Selon un sondage récent[1], un tiers d’entre eux seraient d’accord avec les idées du Front national. 58 % jugent néanmoins le parti « dangereux pour la démocratie ».

 

Capucine Coquand

@CapucineCoquand

 

À relire : Les propositions d’Ethic pour restaurer la compétitivité

 

 

[1] Enquête Kantar Sofres-OnePoint pour Le Monde et Franceinfo auprès d’un échantillon national représentatif de 1 006 personnes, interrogées en face-à-face du 23 au 27 février.