Michel Baguenault (BioMérieux) : « Le doute est un facteur de progrès »

Michel Baguenault a rejoint BioMérieux en 2009 après une carrière dans le secteur de la banque et de la finance. Il pilote les ressources humaines de cet acteur mondial du diagnostic in vitro, dont le capital reste majoritairement détenu par la famille Mérieux.

Michel Baguenault a rejoint BioMérieux en 2009 après une carrière dans le secteur de la banque et de la finance. Il pilote les ressources humaines de cet acteur mondial du diagnostic in vitro, dont le capital reste majoritairement détenu par la famille Mérieux.

Décideurs. BioMérieux a créé son université d’entreprise. Quelle est sa vocation ?

 

Michel Baguenault. La Mérieux Université a été créée en 2012. Sa mission est d’accompagner les transformations nécessaires à la croissance du Groupe. À l’évidence, le premier sujet a trait à tout ce qui concerne l’évolution technologique de nos métiers, dans lesquels tout va très vite. Il faut par ailleurs former les équipes au leadership et au management, et continuer à travailler l’efficacité de l’organisation. L’université a également une autre vocation, celle de renforcer la culture Mérieux. Nous insistons beaucoup sur les valeurs de l’entreprise. Si BioMérieux est ce qu’elle est, c’est grâce à un actionnaire familial de long terme qui déploie une vision et une philosophie : celle de l’accomplissement d’une mission de santé publique.

 

Mérieux Université est-elle également utile à la fonction RH elle-même ?

 

Absolument. C’est le lieu de nos réflexions sur les tendances RH et les attentes des collaborateurs. Nous réfléchissons autour de trois axes : les outils bien sûr, mais aussi le lieu de travail, qui doit être flexible et casser les silos, ou encore le management de demain. Il faut maintenir l’exigence permanente de se remettre en question et de chercher à comprendre les évolutions. Le doute est un facteur de progrès. Et puis nous avons la chance d’être un groupe international. Cela permet d’ouvrir les esprits. Je pars moi-même très bientôt en Californie, observer la façon dont le travail s’organise au sein de la Silicon Valley.

 

BioMérieux se dit engagée en faveur de la mixité. Comment le fait-elle concrètement ?

 

C’est vraiment l’une de nos priorités. BioMérieux atteint de très bonnes performances sur ce sujet. Nous avons 55 % de femmes au total dans l’entreprise, 48 % de femmes dans la population cadres et 25 % parmi les « global leaders ». En 2014, un important accord a été conclu sur l’égalité des salaires. Nous portons une attention particulière à l’équilibre vie privée/vie professionnelle, d’où notamment l’instauration d’une politique de télétravail. Nous avons également tenu à mettre en place une mesure spécifique concernant les femmes enceintes : pour elles, le mercredi est un jour
non travaillé.

 

Vous parrainez un programme interne dénommé WoRLD, « Women Ready for Leadership Diversity », pourriez-vous nous en dire plus ?

 

Lorsque nous préparions l’accord de 2014 sur l’égalité des salaires, l’une de mes collaboratrices m’a dit qu’il fallait aller plus loin. Nous nous sommes alors engagés au sein de WoRLD, pour le développement des carrières des femmes. Cela ajoute un levier d’action à notre démarche en faveur de la mixité.C’est également une ouverture aux bonnes pratiques.

 

Comment BioMérieux participe-t-elle au dynamisme de la région ?

 

Il s’agit d’un engagement très fort de la famille Mérieux. Nous restons attachés à Lyon et à la région Rhône-Alpes. Notre siège social y est basé depuis son origine et nous y construisons actuellement un nouveau site. Nous avons noué des partenariats avec l’Université catholique, avec l’école de management EMLyon… Nous sommes l’un des membres fondateurs de Lyonbiopôle, le pôle de compétitivité destiné à stimuler l’innovation dans le domaine de la santé et à améliorer l’écosystème scientifique.

 

Propos recueillis par Marie-Hélène Brissot 

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