Patrick Ollier : « Les contradicteurs de la Métropole sont des technocrates qui n’ont jamais exercé de responsabilités locales »

Convaincu de la nécessité du projet qu’il porte, l’ancien président de l’Assemblée nationale et ex-ministre chargé des Relations avec le Parlement milite pour un élargissement de son périmètre.

Convaincu de la nécessité du projet qu’il porte, l’ancien président de l’Assemblée nationale et ex-ministre chargé des Relations avec le Parlement milite pour un élargissement de son périmètre.

La MGP a officiellement fêté son premier anniversaire le premier janvier. Quel bilan tirez-vous ?

Patrick Ollier. La métropole a vraiment commencé à vivre au début du mois de février. Elle fonctionne donc depuis trois cents jours seulement, période durant laquelle nous nous sommes attelés à faire en sorte que cette collectivité existe dans l’esprit des élus et de décideurs. Et puisque la MGP est une intercommunalité nous avons souhaité respecter l’expression du suffrage universelle en mettant en place une gouvernance plurielle dans laquelle les différents partis politiques sont représentés. Nous avons par ailleurs mis en place des commissions, un budget et un fonds d’investissement métropolitain s’élevant à 80 millions d’euros.

 

Aucune mesure concrète donc…

En matière de développement durable par exemple, nous avons institué un programme de connexion des pistes cyclables sur le territoire métropolitain et mis en œuvre des projets pour permettre aux citoyens d’acheter des véhicules propres. Nous avons également lancé en février dernier le plus grand concours d’architecture d’Europe : « Inventons la métropole du Grand Paris ».

 

« La métropole est une administration de mission, pas une administration de gestion »

Quels sont vos objectifs pour l’année à venir ?

Nous souhaitons exercer des compétences nouvelles, notamment en matière de logement et d’habitat. Nous voulons également organiser la gestion de la prévention des inondations pour pallier au mieux le risque de la crue centennale qui menace Paris. Nous devrons par ailleurs et plus généralement définir la notion d’intérêt métropolitain, savoir quels actes dans les villes ou quels quartiers peuvent rentrer dans cette catégorie. Une étape qui nous permettra de déterminer plus précisément nos compétences.

 

Cela ne risque-t-il pas de créer de conflits avec les communes et la Région ?

Non, c’est absurde. La métropole est une intercommunalité, elle représente donc les communes. Quant à la Région, nous ne sommes pas dans la concurrence mais dans la complémentarité. Le conseil régional est élu de plein droit et fixe des schémas régionaux notamment sur le plan économique, dans lesquelles les EPCI[1] (comme la métropole) doivent s’intégrer. Il faut bien comprendre que nous sommes une administration de mission et non une administration de gestion.

 

Difficile néanmoins de trouver des experts favorables à la métropole… Comment l’expliquez-vous ?

C’est la réaction de technocrates qui n’ont jamais exercé de compétences au niveau local, pas celle d’élus. Les compétences de la métropole sont différentes de celle de la région, elles sont complémentaires. Nous sommes dans la subsidiarité. Je suis néanmoins d’accord sur un point : la loi est incomplète et mérite d’être finalisée.

 

« La région n’a pas vocation à devenir une intercommunalité et ne sera jamais une métropole.»

 

Concernant le périmètre de la métropole notamment ?

Oui, il n’est pas pertinent. Je demande d’ailleurs qu’il soit étendu à l’ensemble de la zone dense. Quant à l’idée d’intégrer Le Havre dans la métropole, je crois que c’est une étape qui interviendra d’ici une dizaine d’années. Il ne faut pas brûler les étapes, nous devons d’abord nous concentrer sur cette zone dense.

 

 

La présidente de la région Île-de-France préconise néanmoins une suppression de la MGP…

Valérie Pécresse est une femme compétente et dynamique qui a le droit d’avoir une vision différente du territoire. Mais la région n’a pas vocation à devenir une intercommunalité et ne sera jamais une métropole. Nous devons avoir conscience que nous sommes aujourd’hui la seule grande capitale qui n’a pas de métropole. Ce que nous avons entrepris en l’espace d’un an seulement est un signal fort en termes de modernité et d’efficacité. C’est prometteur pour l’avenir.

 

Propos recueillis par Capucine Coquand

@CapucineCoquand

 

→ À lire : Le grand bazar de la Métropole du Grand Paris 

 

[1] Établissement public de coopération intercommunale.

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