Romain Paillard (Le Wagon) : « Savoir coder c’est avoir son permis Internet »

Le Wagon dispense des formations au développement web en neuf semaines. Forte de son succès, l’école créée en France en 2013 s’est déjà installée en Europe, en Asie et en Amérique latine, tandis que son offre de formation à l’origine B2C s’élargissait au B2B.

Le Wagon dispense des formations au développement web en neuf semaines. Forte de son succès, l’école créée en France en 2013 s’est déjà installée en Europe, en Asie et en Amérique latine, tandis que son offre de formation à l’origine B2C s’élargissait au B2B.

DÉCIDEURS. Internet est partout. Savoir coder est-il gage d’employabilité ?

 

Romain Paillard. Internet est devenu un outil de travail incontournable. Bien que ce soit compliqué à dater, on peut considérer que l’offre et la demande en matière de coding ont explosé il y a trois ou quatre années.

Savoir coder, c’est en quelque sorte avoir son « permis Internet », ce que les entreprises valorisent énormément. Il y a des postes auxquels on ne peut désormais plus prétendre sans savoir coder, les product managers par exemple. Dans diverses situations, c’est une compétence requise par les entreprises en plus des aptitudes métiers traditionnelles.

Aujourd’hui très recherché, le développement web a vocation à se démocratiser jusqu’à perdre son caractère différenciant. On peut même considérer que cela a débuté avec la réflexion sur l’intégration du coding à l’école. À mon avis, on assiste au même phénomène que celui qui s’est produit il y a une vingtaine d’années avec l’anglais. Auparavant c’était une compétence très valorisée, ce qui n’est plus réellement le cas aujourd’hui.

 

Comment pensez-vous qu’il faille accompagner la transformation numérique des entreprises ?

 

Dans chaque entreprise, il est nécessaire d’avoir un degré minimum d’acculturation. Nous avons réalisé que cette acculturation au numérique combinée aux connaissances métiers de chacun faisait naître des idées très bénéfiques et innovantes pour l’entreprise.

Nous sommes convaincus que cela doit être encouragé.C’est la raison pour laquelle nous avons intégré dans notre offre B2B une journée d’introduction à la transformation numérique.

 

Quels sont les retours des personnes ayant suivi vos formations ?

 

Beaucoup de nos élèves sont de jeunes diplômés. Nous accueillons également des travailleurs en reconversion professionnelle ou désireux de booster leur employabilité. Et les retours que nous avons de leur part sont excellents.

Les compétences en coding sont tellement valorisées qu’il leur est possible de changer d’horizon professionnel en neuf semaines. Il est par exemple fréquent que des personnes issues d’écoles de commerce soient, à l’issue de la formation, embauchées comme développeurs web.

 

Justement, neuf semaines c’est court. Quel est votre secret pour transmettre des compétences aussi complexes en si peu de temps ?

 

Notre formation se veut très pratique, nous challengeons au maximum les personnes que nous formons. En sept semaines, elles doivent être capables de créer un site internet comme celui d’Airbnb.

En France, on ressent que les gens ont suivi des formations très théoriques, il y a un besoin fort d’intellectualisation que l’on ne retrouve pas forcément à l’étranger. Le système éducatif classique est très bien pour développer la culture générale, la curiosité et les connaissances théoriques, mais ne prépare pas concrètement à intégrer le monde du travail.

Notre ambition est donc de créer une ligne verticale de savoir-faire qui servira nos élèves dès l’embauche, puis tout au long de leur vie professionnelle.

 

 

Propos recueillis par Camille Guével 

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