Thierry Boukhari (Gifi) : « Faire abstraction des diplômes, de l’âge et du sexe »

Arrivé chez Gifi en tant que stagiaire, il en est aujourd’hui directeur délégué. Thierry Boukhari attribue son évolution à sa relation de confiance avec Philippe Ginestet, dirigeant, qui l’a « fait grandir », et à la culture de l’entreprise, dans laquelle les mots « famille » et « amour » ont selon lui tout à fait leur place.

Arrivé chez Gifi en tant que stagiaire, il en est aujourd’hui directeur délégué. Thierry Boukhari attribue son évolution à sa relation de confiance avec Philippe Ginestet, dirigeant, qui l’a « fait grandir », et à la culture de l’entreprise, dans laquelle les mots « famille » et « amour » ont selon lui tout à fait leur place.

Décideurs. Vous avez un parcours original et exemplaire. Pourriez-vous nous en parler ?

 

Thierry Boukhari. J’ai intégré Gifi en tant que stagiaire, au service paie. En 2007, on m’a proposé un poste de responsable des ressources humaines et, un an après seulement, le poste de DRH. J’ai accepté à la condition qu’il n’y ait aucune modification dans mon poste pendant la première année. J’avais besoin de savoir si j’avais les épaules. Et en 2009, j’ai officiellement pris les fonctions de directeur des relations humaines. C’est Philippe Ginestet, dirigeant de Gifi, qui a choisi ce titre. Pour lui, le terme de « ressources » renvoie à une notion matérielle alors qu’il voulait mettre l’accent sur la relation qui existe avec les collaborateurs et les remettre au centre de nos démarches. Pendant quatre ans nous avons développé de nombreuses actions RH. En 2013, il a décidé de me nommer directeur délégué du groupe en charge des ressources humaines. C’est le poste que j’exerce aujourd’hui, auquel s’ajoute la présidence de Gifi Mag, la société qui gère l’ensemble des magasins Gifi. C’est une grande marque de confiance… et de reconnaissance.

 

D’autres que vous ont-ils eu un parcours similaire ?

 

Oui ! Il y a beaucoup d’exemples de cette nature chez Gifi, il suffit que je regarde autour de moi pour en trouver ! Notre directeur de réseau est entré dans l’entreprise en 2003 en tant que directeur de travaux. Il gère aujourd’hui 430 magasins… Notre directeur commercial, qui pilote l’ensemble des achats et détermine la stratégie commerciale du groupe, est arrivé il y a treize ans comme directeur de magasin… C’est vraiment dans l’ADN de Gifi de savoir détecter les talents et de faire en sorte qu’ils s’expriment.

 

Comment favoriser ce type d’évolution ?

Il faut avant tout appliquer deux principes : faire abstraction des diplômes, et ne regarder ni l’âge ni le sexe. Nous avons mis en place un système de détection des talents, mais cela doit se faire de façon naturelle. À titre d’exemple, cela peut m’arriver de repérer lors d’une réunion une personne qui a l’air vive, engagée et d’aller ensuite discuter avec son manager afin de réfléchir avec lui sur une éventuelle évolution.

 

Pourriez-vous nous parler de quelques actions phares de votre politique RH ?

 

Toute la fonction RH a été réorganisée, optimisée par la création de pôles et notamment celle du département Études et Stratégies RH, une sorte de laboratoire dans lequel on se laisse aller à rêver et à trouver des idées originales. Nous avons également mis en place un programme de communication sur l’actualité et la vie des magasins et des collaborateurs, autour du blog La distribution a du cœur. Notre dirigeant est très sensible au sujet du bien-être au travail et très impliqué. Un exemple : il a reçu l’année dernière plus de 500 salariés dans son chalet, par groupe de cinquante personnes, pendant dix semaines : des responsables de magasins, des adjoints… À l’issue de ces séjours, il a organisé une grande finale de poker. Les deux gagnants sont partis à Las Vegas avec quatre-vingts autres collaborateurs ! Et cinq mariages y ont été célébrés… Y compris d’ailleurs celui de Philippe Ginestet lui-même !

 

Propos recueillis par Marie-Hélène Brissot

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