Élection d’Emmanuel Macron : réactions des acteurs de l’immobilier

Dès la nomination du Premier ministre Édouard Philippe, les professionnels de l’immobilier ont exprimé leurs attentes.

Dès la nomination du Premier ministre Édouard Philippe, les professionnels de l’immobilier ont exprimé leurs attentes.

« Nous attendons du nouveau gouvernement une libéralisation du marché locatif durant le prochain quinquennat », demande Édouard Rouy, le directeur de Seger. « Il se pourrait que le nouveau Président perçoive l’immobilier comme une rente, donc comme non productif », prévient pour sa part Norbert Fanchon, président du directoire du groupe Gambett. Ces différentes revendications des professionnels de l’immobilier s’expliquent car depuis plusieurs décennies, l’élection présidentielle engendre régulièrement une baisse de l'activité sur le marché. Résoudre la question de l’accès à des logements de qualité nécessite un engagement fort des pouvoirs publics.

Emmanuel Macron a déjà fixé lors de sa campagne présidentielle les grandes lignes de son programme sur le logement. 

 

Exonération de la taxe d’habitation

 

L'une des promesses fortes d’Emmanuel Macron est celle de l’exonération de la taxe d’habitation pour 80 % des contribuables. Il est ainsi prévu qu’à partir de 2018, la taxe serait allégée en trois paliers jusqu’à un dégrèvement total en 2020 pour les foyers concernés. Cependant, cette mesure considérée comme injuste par Emmanuel Macron est critiquée par de nombreux professionnels du monde de l’immobilier : « Nous attendons de la visibilité fiscale durant le prochain quinquennat », résume Édouard Rouy. « Plus que le niveau ou les modalités de taxation, le plus important est d’arriver à construire un cadre fiscal stable pour plusieurs années et garantissant contre l’aléa, notamment de la rétroactivité fiscale », confirme Philippe Perello, associé gérant de Knight Frank.

Cette mesure est également crainte par les élus locaux qui redoutent de perdre de l'argent en plus de leur autonomie fiscale. L'association des maires de France dénonce ainsi une mesure démagogique. Son président François Baroin et son vice-président délégué André Laignel estiment que 4 2% des Français bénéficient déjà de nombreux dispositifs d’allègements, de dégrèvements, d’exonération ou de plafonnement de la taxe d'habitation. Ils estiment en outre qu'il s'agit d'une remise en cause de leur liberté d'administer. 

 

L’instauration d’une stabilité fiscale

 

Le président veut également restaurer la confiance avec une vraie politique quinquennale de temps long, afin de donner de la stabilité aux investisseurs. Il prône une stabilité fiscale qui sous-entend qu’il n’y aurait pas de changement sur la fiscalité actuelle des plus-values.  « L’élection d’Emmanuel Macron va assurer la stabilité des taux d’intérêt, facteur clé pour les investisseurs de toute nature. En revanche, l’impôt sur la fortune immobilière pourrait être un très mauvais signal envoyé aux investisseurs, et il génère déjà un attentisme important. Qu’ils investissent en direct ou via des placements collectifs, les particuliers supportent déjà un risque lié à l’exploitation de ces immeubles. Les considérer comme de paisibles rentiers serait une erreur », avertit Benjamin Nicaise, président de Cerenicimo, une plate-forme d’immobilier d’investissement.

 

L’accent sur les zones tendues

 

Le locataire de l'Elysée entend également placer l’offre de logements au cœur de sa politique. Le but est de construire davantage mais en ciblant les zones tendues, notamment la région parisienne, PACA ou l'agglomération toulousaine. « Je ne crois pas aux objectifs nationaux, nous n’avons pas besoin de construire partout », expliquait-il y a quelques mois lors d’un débat organisé par le réseau d’agences immobilières Orpi. Ainsi, en construisant davantage sur ces territoires, le nouveau Président compte faire pression sur la baisse des prix de l’immobilier dont la hausse des dernières années a rendu l’accès au logement de plus en plus difficile.

« Nous sommes favorables avec la volonté de répondre aux besoins prioritaires de logements dans les zones tendues. Les investisseurs du crowdfunding immobilier recherchent un sens à leur épargne, et seront motivés pour financer la construction de logements répondant à un réel besoin. La relance du renouvellement urbain sera également une opportunité pour accélérer la transition énergétique et accompagner les innovations technologiques et d’usage dans la construction », a encore souligné Souleymane-Jean Galadima, directeur de Wiseed Immobilier.

 

Vanessa Benesty

 

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