Hervé d’Harcourt (BPCE) : « Les organisations syndicales font progresser »

Hervé d’Harcourt pilote les relations sociales au sein de BPCE, le groupe né en 2009 de la fusion entre la Caisse d’épargne et la Banque populaire. Il évoque les accords majeurs conclus en 2016 et le cheminement du groupe vers un dialogue social plus mature.

Hervé d’Harcourt pilote les relations sociales au sein de BPCE, le groupe né en 2009 de la fusion entre la Caisse d’épargne et la Banque populaire. Il évoque les accords majeurs conclus en 2016 et le cheminement du groupe vers un dialogue social plus mature.

 

Décideurs. Quelles sont les spécificités du dialogue social au sein de BPCE ?

 

Hervé d’Harcourt. BPCE est à la fois un groupe – encore assez récent d’ailleurs – et deux branches (Banque Populaire et Caisse d’Epargne). Notre enjeu est de construire ce groupe tout en préservant les spécificités de chacune des branches. Cela conduit nécessairement à un dialogue social plutôt riche. En 2016 par exemple, les différentes entreprises de BPCE ont signé 160 accords, cinq ont été signés au niveau de nos branches et un au niveau du groupe.

 

 

Parmi ces accords conclus en 2016, quels sont ceux qui vous ont le plus marqué ?

 

 

Il y a eu celui dans les deux branches sur les conditions de travail, qui donne une impulsion, diffuse une vision et fixe les bases d’un dialogue social mature sur cette thématique. Nous avons mis en place un observatoire sur les conditions de travail pour partager des indicateurs, et pris l’engagement de mener des discussions au niveau des entreprises. Mais l’accord le plus marquant de 2016 reste celui sur les classifications des Caisses d’Epargne. Dans un contexte de digitalisation et de transformation rapide, les entreprises ont besoin de systèmes de gestion de carrières simples et lisibles. Or le système existant l’était assez peu. Il appliquait la règle suivante : un emploi = une classification. On ne pouvait donc pas progresser dans la classification tout en conservant son emploi. 68 % de nos effectifs étaient ainsi concentrés sur trois niveaux de classification et 59 % de nos cadres sur un seul. Cela entravait la mobilité. L’évolution est désormais possible. On peut changer de classification tout en conservant son emploi.

 

Comment se sont passées les négociations de cet accord ?

 

Nous avons beaucoup travaillé en amont. Nous avons pris le temps nécessaire pour échanger avec les partenaires sociaux. Ces discussions ont été très riches. Les organisations syndicales nous ont fait progresser. À titre d’exemple, elles nous ont fait avancer sur le sujet des augmentations accordées en cas de changement d’emploi, que nous avons maintenues ou améliorées dans certains cas.

 

Vous avez évoqué le fait de rendre le dialogue social plus mature, quelles mesures mettez-vous en place pour y parvenir ?

Depuis longtemps, BPCE mène des expérimentations sur la formation et l’évaluation des compétences des représentants du personnel, mobilisées dans l’exercice de leur mandat. Notre groupe en compte 3 000. Nous n’avons aucune difficulté à créer un parcours d’évolution professionnelle pour nos talents, pourquoi ne pas le faire pour nos représentants du personnel ? C’est en tout cas ce vers quoi nous avons décidé d’avancer. Dans ce cadre, un accord sur la carrière des représentants du personnel a été conclu en janvier 2016. Il crée des outils de formation et ouvre l’accès à un cursus de formation continue de deux jours par mois dispensée au sein de l’université Paris-Dauphine, le « certificat aux relations sociales ». Par ailleurs, si l’on veut que nos interlocuteurs soient responsables, il faut leur donner des informations de qualité. Nous avons invité par exemple cinquante élus à une présentation sur les enjeux de la transformation digitale ; c’est un forum qui se réunira désormais chaque année.

 

Que pensez-vous des réformes législatives sur le dialogue social ?

 

La plus grande des difficultés est de démêler l’enchevêtrement des règles. Mais globalement, entre les lois Rebsamen et El Khomri le message me semble être : « Tant que vous discutez et utilisez les outils proposés pour aboutir, vous pouvez faire à peu près ce que vous voulez ». Et c’est  un bon message.

 

 

Propos recueillis par Marie-Hélène Brissot 

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