Jean-Yves Chameyrat (groupe Stef) : « Accroître l’employabilité des collaborateurs »

Stef est une entreprise spécialiste du transport et de la logistique du froid pour tous les produits agroalimentaires, présente dans sept pays européens. Avec une large population d’ouvriers, le groupe mise sur la formation pour accroître l’employabilité de ses salariés.

Stef est une entreprise spécialiste du transport et de la logistique du froid pour tous les produits agroalimentaires, présente dans sept pays européens. Avec une large population d’ouvriers, le groupe mise sur la formation pour accroître l’employabilité de ses salariés.

Décideurs. L’intégration des collaborateurs semble être au cœur des préoccupations du groupe : comment garantissez-vous son succès ?

 

Jean-Yves Chameyrat. Nous sommes l’une des rares entreprises en France à créer de l’emploi peu qualifié. Nous voulons donner à nos collaborateurs la possibilité d’acquérir des compétences supplémentaires pour accroître leur employabilité et leur donner la possibilité d’évoluer au sein du groupe s’ils en ont l’opportunité. Pour cela, nous avons lancé un programme de maîtrise des savoir-faire fondamentaux (expression écrite, orale et calcul), sur la base du volontariat, durant les heures de travail. Il s’agit de modules d’une trentaine d’heures, dispensés par un organisme de formation partenaire. Tout cela est parti du constat de la nécessité de remettre nos collaborateurs dans une dynamique d’apprendre à apprendre,
leur permettre de gagner en autonomie et enfin d’accompagner les transformations de nos métiers.

 

Et qu’en pensent vos collaborateurs ?

 

Ils sont totalement convaincus ! Une des clés de réussite de ce projet a été notre forte communication afin d’expliquer son intérêt. Ce projet a été déployé sur 84 sites dont 4 en Espagne.

 

Quel est son impact professionnel ?

 

Cela est difficilement mesurable. Il est en revanche très fort d’un point de vue personnel : ce programme donne confiance à nos salariés sur leurs compétences et leur capacité à progresser. Il témoigne de l’investissement de leur employeur auprès d’eux. Notre partenaire, organisme de formation, estime que 98 % des apprenants ont atteint les objectifs. Nous en sommes très fiers.

Nous avons d’ailleurs reçu la distinction de « meilleure initiative de formation » du magazine Expansión en Espagne, grâce au travail et à l’accompagnement de nos équipes RH. Nous souhaitons à présent capitaliser sur cette démarche pour lancer Clea, une certification interprofessionnelle sur les savoirs de base, comprenant plusieurs modules concernant les savoirs fondamentaux, mais aussi l’utilisation de l’informatique et du numérique ou le travail en équipe.

 

En 2006, vous avez lancé l’Institut des métiers du froid, pour quelles raisons ? Quels résultats obtenez-vous grâce à cette école ?

 

Il s’agissait pour nous de diffuser en France l’ensemble de nos savoirs spécifiques en interne. Nous avons 130 formateurs en temps partiel, qui forment environ 4 000 personnes par an, ce qui représente près de 50 000 heures de formation. L’étape suivante est d’aller plus loin avec la création d’une université d’entreprise et c’est en cours de réflexion.

 

Quelles sont d’après vous les qualités nécessaires à un bon DRH ?

Il faut s’intéresser aux gens et les aimer, être à leur écoute, avoir de l’empathie et également de l’enthousiasme ! Le courage, je crois, est aussi nécessaire, pour défendre un projet qui ne reçoit pas spontanément l’adhésion. Le DRH doit illustrer les attentes du corps social et cela ne fonctionne que s’il a une dimension business.

 

Propos recueillis par Roxane Croisier 

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