La 2ème saison du French Tech Ticket est lancée

La France, nouvel eldorado des start-up ? Le gouvernement veut y croire. Avec le lancement de la seconde promotion du French Tech Ticket, ce sont 180 entrepreneurs étrangers qui bénéficient d’un programme d’aides pour développer leur projet dans l’Hexagone. Quarante et un incubateurs partenaires à travers le pays accompagnent la croissance de ces talents venus d’ailleurs.
François Hollande et les entrepreneurs étrangers

© Présidence de la République - F. Lafite

La France, nouvel eldorado des start-up ? Le gouvernement veut y croire. Avec le lancement de la seconde promotion du French Tech Ticket, ce sont 180 entrepreneurs étrangers qui bénéficient d’un programme d’aides pour développer leur projet dans l’Hexagone. Quarante et un incubateurs partenaires à travers le pays accompagnent la croissance de ces talents venus d’ailleurs.

À rebours du French Bashing des premières années du quinquennat de François Hollande, cette fin de mandat est placée sous le signe de l’attractivité tricolore. Après le Brexit et les discours protectionnistes de Donald Trump, la France profite de la nouvelle donne mondiale et joue la carte de l’ouverture. Aujourd’hui, rien ne semble trop beau pour charmer les meilleurs entrepreneurs étrangers : l’ouverture de la deuxième édition du French Tech Ticket ce 16 janvier 2017 s’inscrit dans cette ambition.

 

Le French Tech Ticket prend de l’ampleur

 

Lancée l’année dernière en grandes pompes, cette opération permet de favoriser l’installation et le développement de start-up étrangères sur le sol national. L’initiative, soutenue directement par le président de la République, offre notamment aux équipes sélectionnées une bourse de 45 000 euros, un visa longue durée aux procédures d’obtention simplifiées ainsi qu’une place dans un incubateur partenaire pour bénéficier d’un cadre de travail stimulant et de formations personnalisées. Forts de ces promesses, le French Tech Ticket a changé d’échelle dès sa deuxième édition. Durant les premières semaines de 2017, ce sont 180 heureux élus, sur les 2 700 entrepreneurs ayant postulé dès juin 2016, qui vont ainsi s’installer à Paris et dans dix autres villes du pays (seule l’Île de France était jusqu’à présent concernée). Preuve de la popularité du programme, les dossiers de candidatures ont presque été multipliés par deux, puisque l’année dernière seuls 1 380 dossiers avaient été envoyés pour cinquante lauréats. En matière de start-up, l’évolution est aussi sensible : de vingt-trois l’an dernier, leur nombre passe à soixante-dix. Les entrepreneurs, âgé de trente ans en moyenne, viennent d’horizons variés : Inde, États-Unis et Égypte forment le trio de tête des pays de provenance des candidats.

 

Des résultats encourageants

 

S’il sera compliqué de rivaliser dans l’immédiat avec l’attractivité de la Sillicon Valley, l’écosystème de la French Tech continue de s’étoffer en offrant des perspectives de développement aux jeunes sociétés. Les entrepreneurs de la première promotion du French Tech Ticket semblent l’avoir compris. Sur les vingt-deux start-up lauréates l’année passée, dix-huit ont décidé de poursuivre leur aventure en France. Et c’est là tout l’enjeu de cette opération : séduire pour mieux retenir. Les succès de ces sociétés stimuleront à terme aussi bien les embauches que l’innovation sans oublier les recettes fiscales. Afin de convaincre ces talents de s’installer durablement, le pays dispose de plus d’arguments que par le passé. Avec deux milliards de levées de fonds enregistrés en 2016, le marché français du capital venture fait preuve d’un dynamisme faisant pâlir de jalousie ses voisins européens. Les crédits d’impôts recherche et les autres subventions à destination des sociétés innovantes sont aussi au cœur de cette opération séduction. Enfin, l’ouverture attendue de la station F en mars symbolise la vitalité des incubateurs et autres structures d’accompagnement soutenues par la French Tech et le gouvernement. Si l’effet de mode autour des start-up parvient à se pérenniser, les bonnes intentions peuvent se transformer en leviers de croissance aux retombées stratégiques. À suivre…

 

Thomas Bastin