Réservation hôtelière en ligne : les remèdes des autorités de concurrence

La Commission européenne et les autorités nationales de concurrence procèdent à un contrôle coordonné de l’impact des engagements pris par les plates-formes de réservation hôtelière pour stimuler la concurrence.
Booking.com

La Commission européenne et les autorités nationales de concurrence procèdent à un contrôle coordonné de l’impact des engagements pris par les plates-formes de réservation hôtelière pour stimuler la concurrence.

De nouvelles règles, conclues en coordination avec la Commission européenne et les autorités de la concurrence de dix pays européens dont la France, sont entrées en vigueur en juillet-août 2015 afin de lutter contre les abus de position dominante dans le secteur de la réservation hôtelière en ligne. Les centrales de réservation en ligne comme Booking.com se sont alors engagées à redonner aux hôtels davantage de liberté en matière commerciale et tarifaire afin de stimuler la concurrence dans le secteur. Les engagements pris restreignent les « clauses de parité étendue » pratiquées par ces centrales qui interdisaient aux hôteliers de proposer des tarifs plus bas sur leurs propres sites ainsi que sur tout autre canal de distribution. Aujourd’hui, les nouvelles « clauses de parité restreinte » permettent aux hôtels de proposer des tarifs inférieurs sur des plates-formes concurrentes ainsi que sur leurs canaux directs hors ligne (téléphone, mailings, messageries instantanées, agences de voyages physiques, etc.) et en ligne. Ces mesures ont également donné aux hôteliers la possibilité de gérer leurs disponibilités et d'allouer aux plates-formes de réservation un nombre de nuitées inférieur à celui proposé aux concurrents et/ou sur leurs propres canaux.

 

Rééquilibrage du jeu de la concurrence

Sous l'égide de la Commission, l'Autorité de la concurrence française et neuf de ses homologues européens ont décidé d’évaluer l’efficacité de ces remèdes. Ils interrogent les plates-formes (Booking.com, Expedia, Tripadvisor, etc.) d’un côté et les hôteliers de l’autre grâce à un questionnaire et selon une méthodologie unifiée permettant de comparer l’état des lieux avant et après la prise des mesures. Les résultats montrent que le passage de clauses de parité étendue à des clauses de parité restreinte augmente la différenciation tarifaire entre les plates-formes de réservation en ligne dans la plupart des pays. Ce qui démontre le rééquilibrage du jeu de la concurrence sur le marché. Cependant, à l’exception de la France et de Allemagne, près de la moitié des hôtels interrogés indiquent ne pas avoir été informés des différentes mesures prises par les centrales de réservations.

 

Sur la base de ces travaux, la Commission européenne et les autorités nationales de concurrence demeurent particulièrement vigilantes sur l’état de la concurrence dans ce secteur et décident de le maintenir sous surveillance.

 

NB